# Crises de colère quotidiennes : est-ce normal chez le tout-petit ?

- URL: https://mamadidyouknow.com/fr/crises-de-colere-quotidiennes/
- Publisher: Mama, did you know? (https://mamadidyouknow.com/)
- Author: Sarah Morgan (nom de plume de l'équipe éditoriale)
- Published: 2026-10-28
- Evidence last checked: 2026-10-24

> Les crises quotidiennes sont fréquentes entre 18 mois et 3 ans. Moins de 10 % des enfants de 3 à 5 ans en font. Apprenez à repérer ce qui est normal.

**Réponse courte :** Pour de nombreux jeunes enfants entre environ 18 mois et 3 ans, oui : une crise de colère par jour peut être normale, en particulier lorsqu'ils sont fatigués, affamés ou frustrés. Les crises atteignent un pic entre 1 et 3 ans et s'atténuent généralement à mesure que le langage se développe. À l'âge préscolaire, elles deviennent moins fréquentes : dans une étude portant sur près de 1 500 enfants âgés de 3 à 5 ans, moins de 10 % faisaient une crise de colère chaque jour. Ce qui importe plus que la fréquence, c'est la nature de la crise : des crises très longues, violentes, auto-agressives ou « surgies de nulle part » qui se produisent régulièrement méritent d'être abordées avec votre pédiatre.

À retenir

- **Pic de fréquence :** l'AAP indique que les crises de colère surviennent le plus souvent entre 1 et 3 ans ; le NHS précise qu'elles sont beaucoup moins fréquentes à l'âge de 4 ans.

- **Au quotidien chez le tout-petit :** une étude antérieure portant sur des enfants de 18 mois à 5 ans a révélé que les crises survenaient en moyenne une fois par jour, pour une durée médiane de 3 minutes.

- **Au quotidien à l'âge préscolaire :** moins de 10 % des enfants de 3 à 5 ans font une crise de colère chaque jour.

- **La qualité prime sur la quantité :** ce sont les crises imprévisibles, très longues, destructrices ou auto-agressives qu'il faut surveiller.

- **Ce qui aide :** prévenez la faim et la fatigue, proposez de petits choix, restez calme et ne cédez pas à la demande qui a déclenché la crise.

## Est-il normal qu'un tout-petit fasse une crise de colère chaque jour ?

Pour les plus jeunes, c'est souvent le cas. L'AAP décrit les crises de colère comme étant plus fréquentes entre 1 et 3 ans, et le NHS indique qu'elles débutent généralement vers 18 mois pour devenir beaucoup moins courantes à 4 ans. Des recherches citées dans un article de 2008 du Journal of Pediatrics ont montré que chez les enfants de 18 mois à 5 ans, les crises survenaient en moyenne une fois par jour, avec une durée médiane d'environ 3 minutes. Dans une autre analyse portant sur 335 enfants âgés de 18 à 60 mois, Michael Potegal et ses collègues ont constaté que 75 % des crises duraient 5 minutes ou moins.

Les crises quotidiennes deviennent moins typiques à mesure que les enfants grandissent. L'étude la plus connue sur le sujet, dirigée par Lauren Wakschlag à l'Université Northwestern et publiée en 2012, a interrogé les parents de près de 1 500 enfants d'âge préscolaire âgés de 3 à 5 ans. Seuls 8,6 % d'entre eux faisaient des crises chaque jour, tandis que la majorité (environ 84 %) en faisaient « parfois ». Cette tendance s'est vérifiée chez les garçons comme chez les filles, quels que soient les revenus et les groupes ethniques.

La réponse honnête dépend donc de l'âge. Un enfant de 2 ans qui fait des crises la plupart des jours se situe tout à fait dans la norme. Qu'un enfant de 4 ou 5 ans continue d'avoir des crises quotidiennes intenses est moins courant et mérite d'être mentionné lors d'une visite de contrôle, même si tout le reste semble aller bien.

| Âge | Ce qui est typique | Points à noter | 
| 12–18 mois | Début des crises, souvent liées aux limites, aux transitions ou au fait de ne pas être compris | Généralement courtes et faciles à détourner | 
| 18 mois – 3 ans | Pic des crises de colère ; les crises quotidiennes sont fréquentes | Déclenchées par la fatigue, la faim, la frustration et les limites | 
| 3–5 ans | Les crises deviennent moins fréquentes à mesure que le langage et la maîtrise de soi se développent | Moins de 10 % font des crises quotidiennes ; les crises fréquentes et intenses méritent d'être discutées | 

## Pourquoi les tout-petits font-ils autant de crises de colère ?

Parce que leurs sentiments et leurs désirs grandissent plus vite que leur capacité à les exprimer ou à les gérer. Un tout-petit sait exactement ce qu'il veut, mais souvent ne peut pas le dire, ne peut pas le faire lui-même ou n'y est pas autorisé. Le NHS résume la situation simplement : les tout-petits se sentent frustrés lorsqu'ils ne peuvent pas exprimer ce qu'ils veulent, et cette frustration se traduit par une crise.

Parmi les déclencheurs fréquents, on trouve :

- **La fatigue et la faim.** L'AAP note que les crises peuvent atteindre un pic lorsqu'un enfant a faim ou est fatigué, et la recherche décrit les crises typiques comme survenant dans ces situations prévisibles.

- **Les routines quotidiennes.** L'heure du coucher, les repas et l'habillage sont des points de friction classiques, selon l'équipe de Northwestern.

- **Un vocabulaire limité.** À mesure que le langage se développe, les crises s'atténuent généralement. Si vous ne savez pas trop où en est le langage de votre tout-petit, consultez notre article [combien de mots à 18 mois](/how-many-words-at-18-months/) ainsi que notre guide sur [l'enfant qui parle tardivement](/late-talker/).

- **Les transitions et les limites.** Quitter le parc, interrompre un jeu ou entendre « non » exigent tous une maîtrise de soi qui est encore en cours de développement.

- **Le tempérament.** L'AAP note que la personnalité se reflète dans les crises. Certains enfants ressentent tout simplement les choses de manière plus intense.

La fatigue et la faim sont deux des déclencheurs de crises les plus fréquents.

## Quand les crises de colère cachent-elles autre chose ?

Lorsque le type de crise est inhabituel et qu'elles se répètent. Les chercheurs de Northwestern ont constaté que les crises associées à des difficultés ultérieures étaient imprévisibles, prolongées ou destructrices : des crises survenant « de nulle part » sans déclencheur évident, ou si intenses que l'enfant finit épuisé. Les crises ayant une cause évidente, comme la fatigue ou un refus, étaient celles que l'on pouvait attendre.

Une étude menée en 2008 par Belden et ses collègues à l'Université Washington de Saint-Louis a comparé les crises d'enfants d'âge préscolaire en bonne santé (âgés de 3 à 6 ans) à celles d'enfants diagnostiqués avec une dépression ou des troubles du comportement perturbateur. Les auteurs ont proposé, comme points de départ plutôt que comme seuils validés, les schémas d'alerte suivants :

- une agressivité envers les personnes ou les objets lors de la plupart des crises

- tout comportement d'automutilation délibéré, comme se taper la tête, se mordre ou se frapper

- des crises qui durent en moyenne plus de 25 minutes

- des crises très fréquentes, par exemple 10 à par mois à la maison, ou plus de 5 par jour sur plusieurs jours à l'extérieur

- un enfant qui ne parvient généralement pas à se calmer sans l'aide d'un adulte

Même dans ce cas, un seul signe pris isolément ne constitue pas un diagnostic. La même étude a noté que jusqu'à 30 % des enfants d'âge préscolaire en bonne santé présentaient au moins certains de ces comportements par moments. C'est un schéma régulier, en particulier lorsque plusieurs signes sont associés, qui mérite d'être abordé avec votre pédiatre.

**Ce que dit la recherche :** les principales études sont vastes et reconnues, mais elles reposent sur des questionnaires parentaux et concernent principalement les enfants de 3 à 6 ans, et non les plus jeunes. Les seuils d'alerte ont été proposés par des chercheurs plutôt que testés en tant d'outils de dépistage. Pour les enfants de moins de 3 ans, les données sont plus rares et les recommandations s'appuient davantage sur le consensus d'experts selon lequel les crises font partie du développement normal.

## Comment puis-je prévenir les crises quotidiennes ?

Vous ne pouvez pas toutes les éviter, et ce n'est d'ailleurs pas nécessaire. Mais vous pouvez réduire celles qui sont évitables. Ces conseils proviennent de l'AAP et du NHS :

- **Protégez le sommeil et les en-cas.** Planifiez les sorties en fonction des siestes et prévoyez un encas. Une [routine du coucher pour le tout-petit](https://mamadidyouknow.com/fr/routine-du-coucher-bambin/) aide plus qu'on ne le pense.

- **Proposez de petits choix.** L'AAP suggère des choix orientés plutôt que des questions fermées : « Le gobelet rouge ou le gobelet bleu ? » plutôt que « Veux-tu boire ? »

- **Prévoyez les transitions.** « Encore deux glissades, puis on met les chaussures. » De nombreux tout-petit tolèrent mieux les changements lorsqu'ils ne sont pas brusques.

- **Choisissez vos combats.** Restez ferme sur la sécurité et quelques règles essentielles ; lâchez prise sur les détails. La constance au quotidien réduit la fréquence et l'intensité des crises, souligne l'AAP.

- **Valorisez les bons moments.** Des félicitations précises (« Tu as attendu ton tour avec tant de patience ! ») montrent à l'enfant ce que vous souhaitez voir plus souvent.

- **Mettez des mots sur les émotions.** « Tu es en colère parce qu'on doit partir. » Donner au tout-petit un vocabulaire pour ses sentiments l'aide à utiliser les mots plutôt que les cris au fil du temps.

Se retrouver après une crise aide votre enfant à comprendre que les émotions intenses finissent par passer.

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## Que dois-je faire pendant une crise ?

Restez calme, veillez à la sécurité de votre enfant et attendez que cela passe sans céder. L'AAP et le NHS recommandent tous deux cette approche :

- **Gardez votre calme.** Crier en retour ne fait qu'empirer les choses. Respirez un grand coup et prenez le relais avec un autre adulte si vous avez besoin d'une pause.

- **Assurez la sécurité.** Si votre enfant se met en danger, par exemple près d'une route, tenez-le fermement. Sinon, éloignez les objets fragiles ou durs.

- **Essayez de le distraire rapidement.** Le NHS suggère de pointer du doigt quelque chose d'intéressant dès le début de la crise.

- **Ne cédez pas à la crise.** Céder ou offrir des récompenses apprend à l'enfant que les crises fonctionnent. Maintenez la limite avec bienveillance.

- **Arrêtez immédiatement les coups et les morsures.** Éloignez calmement votre enfant en lui faisant comprendre clairement que ce n'est pas acceptable, sans le frapper en retour. Consultez notre article [pourquoi mon tout-petit me frappe-t-il](/why-does-my-toddler-hit-me/).

- **Retrouvez-vous ensuite.** Un câlin et quelques mots apaisants une fois la crise passée aident votre enfant à récupérer et à apprendre que les émotions intenses passent.

Qu'il faille rester à proximité ou laisser un peu d'espace dépend de votre enfant. Certains s'apaisent plus vite avec vous ; d'autres ont besoin d'un moment seuls dans un endroit sûr. Notre article sur [l'isolement (time-out) comparé à la mise en lien (time-in)](/time-out-vs-time-in/) compare ces deux approches et expose ce que dit la recherche.

Ne secouez, ne frappez et ne maîtrisez jamais violemment un enfant pendant une crise. Si vous sentez que vous risquez de perdre patience, placez votre enfant dans un endroit sûr, comme son lit à barreaux ou une pièce sécurisée, et éloignez-vous quelques minutes pour vous calmer. Demander de l'aide est le signe d'une parentalité responsable, pas d'un échec.

Consultez votre pédiatre si votre enfant :

- se blesse régulièrement, blesse les autres ou brise des objets lors de ses crises

- fait souvent des crises qui surviennent sans raison apparente, durent très longtemps ou le laissent épuisé

- ne parvient généralement pas à se calmer, même avec votre aide

- fait encore de fréquentes crises intenses après l'âge de 4 ans environ, ou si ces crises s'aggravent au lieu de s'atténuer

- n'utilise pas les mots ou les gestes attendus, semble mal entendre ou a perdu des compétences acquises

- a des crises accompagnées de troubles du sommeil, de difficultés alimentaires ou de signes de maladie, ou si ces crises vous causent une réelle détresse

## Foire aux questions

**Q: Combien de crises par jour sont normales pour un enfant de 2 ans ?**

Il n'y a pas de chiffre exact. Des recherches menées auprès d'enfants de 18 mois à 5 ans ont révélé une moyenne d'environ une par jour. Plusieurs crises courtes et clairement déclenchées lors d'une journée difficile peuvent tout à fait rester normales.

**Q: Combien de temps dure une crise de colère normale ?**

Souvent juste quelques minutes ; une étude a observé une durée médiane d'environ 3 minutes chez les enfants de 18 mois à 5 ans. Les crises durant régulièrement plus de 25 minutes ont été signalées par les chercheurs comme méritant une vérification.

**Q: Quand les crises de colère s'arrêtent-elles ?**

Elles s'atténuent généralement après 3 ans et sont beaucoup moins fréquentes à 4 ans, à mesure que le langage et la maîtrise de soi progressent, bien que des crises occasionnelles puissent perdurer pendant plusieurs années.

**Q: Des crises de colère quotidiennes signifient-elles que mon enfant souffre d'autisme ou de TDAH ?**

Pas nécessairement. Les crises de colère font partie du développement normal du tout-petit. Si vous observez également des différences dans la communication, les interactions sociales ou le jeu, parlez-en à votre pédiatre, qui pourra évaluer la situation dans sa globalité.

**Q: Dois-je ignorer les crises de colère ?**

Vous pouvez ignorer le comportement tout en restant à proximité et en veillant à la sécurité de votre enfant. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est céder à la demande qui a déclenché la crise.

### Sources

- Wakschlag LS, Choi SW, Carter AS, et al. (2012). Defining the developmental parameters of temper loss in early childhood: implications for developmental psychopathology. Journal of Child Psychology and Psychiatry. [pubmed.ncbi.nlm.nih.gov](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22928674/)

- ScienceDaily / Northwestern University (2012). Daily temper tantrums not the norm for preschoolers. [sciencedaily.com](https://www.sciencedaily.com/releases/2012/08/120829172106.htm)

- Belden AC, Thomson NR, Luby JL (2008). Temper tantrums in healthy versus depressed and disruptive preschoolers: defining tantrum behaviors associated with clinical problems. Journal of Pediatrics. [pmc.ncbi.nlm.nih.gov](https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2211733/)

- American Academy of Pediatrics, HealthyChildren.org. Top Tips for Surviving Tantrums. [healthychildren.org](https://www.healthychildren.org/English/family-life/family-dynamics/communication-discipline/Pages/Temper-Tantrums.aspx)

- Potegal M, Kosorok MR, Davidson RJ (2003). Temper tantrums in young children: 2. Tantrum duration and temporal organization. Journal of Developmental and Behavioral Pediatrics. [pubmed.ncbi.nlm.nih.gov](https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12806226/)

- NHS. Temper tantrums. [nhs.uk](https://www.nhs.uk/baby/babys-development/behaviour/temper-tantrums/)

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